[Les soupirs des elfes] Emeraude & Ebène

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[Les soupirs des elfes] Emeraude & Ebène

Message par Fabien | L'Alcyon » 03 Fév 2013, 13:51

Voici le rapport de partie de mon nouveau projet, pour l'instant baptisé "Les soupirs des elfes". J'ai beaucoup papillonné depuis que Monostatos est publié (et même depuis bien avant) en explorant des envies de jdr érotiques (Org par exemple) ou esthétiques (En quête d'horizons, Métempsychose, Esthétique signifiante) sans arriver à être entièrement satisfait d'un projet en particulier. Je crois que Les soupirs des elfes est le bon (mais je dis ça à chaque fois, on confirmera dans le futur).

Je vais essayer pour une fois de faire un rapport de partie court, pour se concentrer sur la question qui m'intéresse le plus. J'aimerais revenir de mes anciennes habitudes et montrer qu'il est possible de bénéficier de silentdrift avec des rapports de partie relativement brefs.

Pour résumer le jeu, on y joue des courtisans elfes à la Cour de l'Impératrice Argent, dont l'Empire est au sommet de sa gloire, en paix et prospère. Les courtisans peuvent donc se consacrer à l'excellence artistique, peuvent profiter de la vie et surtout s'occuper d'amour et d'érotisme. Le jeu tourne donc entièrement des relations entre les personnages, sublimées par le fait qu'il s'agit 1. d'elfes 2. d'aristocrates. J'ai de très bonnes raisons de faire appel à des elfes mais je ne les développerai pas ici.
Je développerai les règles dans la scène que je vais décrire.

Scène
Nous avons testé le jeu à l'improviste vendredi soir avec Daniel, Guillaume (Nocker) et Fabien (Chams).

La scène qui m'intéresse s'est déroulé entre le personnage de Daniel, Emeraude et un personnage que je jouais en tant que meneur de jeu, Ebène.
Daniel a créé Emeraude comme un salaud manipulateur et jouisseur. Sa beauté vient de ce qu'il sait devancer les désirs des autres. Il est à la Cour parce qu'il est Duc des Marches Orientales.
Ebène est également un membre de la Cour, une exploratrice à la sensualité ronde.
Ebène est amoureuse d'Emeraude qui ne lui retourne pas son amour.

Je mets en place la scène: juste après la cérémonie de présentation des personnages des joueurs à l'Impératrice et l'Empereur. Emeraude a offert une fleur exceptionnelle, qui ne fleurit qu'une fois par siècle, à l'instant où il l'a offerte à l'Impératrice.
Alors qu'Emeraude est en train de se pavaner à proximité de son cadeau, Ebène s'approche de lui et entame la conversation: "Pour certains poètes, les sentiments sont comme les fleurs et périssent le soir venu. Je crois au contraire que les passions véritables sont aussi solides que ces chênes." dit-elle en désignant les chênes qui soutiennent le plafond de la salle.

Daniel et moi sommes d'accord pour dire que cette première phrase permet tout de suite de déclencher la "sollicitation" c'est-à-dire le conflit entre les deux personnages.
Je fixe l'enjeu: Ebène veut obtenir un compliment sincère de la part d'Emeraude. L'enjeu doit obéir à deux contraintes: à ce stade il ne peut qu'être anodin et il doit poser un véritable problème à l'autre: c'est le cas parce qu'Emeraude, en tant que courtisan manipulateur, fait beaucoup de compliments, mais un compliment sincère l'obligerait à se dévoiler.
On prend chacun trois dés. La technique de résolution est simple: chaque fois que son personnage dit ou fait quelque chose faisant clairement avancer sa cause, le participant lance un dé et et ajoute son résultat à ceux qu'il a déjà lancé. Celui qui a la valeur la plus basse peut soit abandonner, soit lancer des dés supplémentaires. Un participant peut obtenir des dés supplémentaires si son personnage réalise certaines actions ; je ne détaille pas tout (il y a un système de dette affective) mais je préciserai dans la sollicitation quand ces actions interviennent.

Donc (je raconte comme ça me revient, Daniel ne m'en voudra pas des imprécisions):
Emeraude commence par faire un compliment (convenu) à Ebène sur ses yeux pour se débarrasser d'elle.
Ebène réplique en lui disant que même si elle tient à lui, elle ne se laissera pas abuser par ses manières de courtisans.
Emeraude continue de jouer avec elle.
Ebène le repousse avec une certaine énergie et ses yeux se mouillent (elle montre une émotion sincère, je peux donc lancer un dé supplémentaire avec des conséquences à plus long terme).
Emeraude s'approche d'elle et lui prend le visage entre les mains pour essuyer ses larmes avec les pouces (il la touche, Daniel peut donc lancer deux dés supplémentaires).
Ebène se blottit alors dans ses bras dans un élan de passion et il sent son coeur battre contre lui, elle lui demande s'il n'éprouve pas la même chose qu'elle (Ebène avoue son amour à Emeraude, je peux donc lancer trois dés).
Emeraude, tout en la gardant dans ses bras, les conduisent dans une alcôve où il l'embrasse passionément (il exprime son désir sexuel sincère pour elle, Daniel lance trois dés)
Ebène finit par se dégager de ses bras et à nouveau lui répète qu'elle ne tombera pas dans son piège à nouveau et s'éloigne.
A ce moment, Daniel et moi sommes au coude à coude, il joue un dernier dé qui lui permet de l'emporter. Emeraude manque de craquer pour Ebène et lui révéler ses vrais sentiments, mais il finit par rire (je crois) et elle sort de l'alcôve en furie.

Je me suis beaucoup amusé à jouer le raffinement d'Ebène et la sophistication de la manière d'exprimer ses sentiments. De même, Daniel a eu visiblement beaucoup de plaisir à jouer Emeraude. Guillaume et Fabien (Chams) qui assistaient à la scène sans la jouer étaient très pris par les enjeux et ne se privaient pas de commenter !

Analyse
Ok, je sais qu'il y a plusieurs problèmes qui émergent dans cette scène, malgré le plaisir qu'on y a tous pris. Je ne veux pas aborder les questions d'"équilibrage" du jeu, qui sont sans doute les plus triviales et qui se résoudront naturellement à force de jouer.
En revanche, j'aimerais me concentrer sur deux questions.

Le premier point est celui de la définition de l'enjeu. Ici c'est un peu étrange, finalement: Ebène voulait un geste sincère de la part d'Emeraude, mais elle ne voulait rien de précis en fait (pas nécessairement un compliment). Dans d'autres scènes on a aussi vu que l'enjeu pouvait évoluer beaucoup durant la sollicitation (y compris ici en fait). En même temps, les personnages ont parfois un but bien précis en tête. Dernière contrainte, il faut que l'enjeu puisse permettre à la relation de changer. Il faudrait arriver à formuler l'enjeu au début de la sollicitation qui soit suffisamment large pour pouvoir évoluer, tout en restant suffisamment clair pour structurer la sollicitation (et qu'on sache pourquoi on se bat). Faut-il que je laisse cela à l'intelligence des participants en précisant bien comment les enjeux doivent être déterminés ?

Le deuxième point est celui du côté « manipulatoire » des échanges. D'accord, on est dans une cour, les personnages sont des experts de la diplomatie et des sourires factices. Néanmoins, je cherche à ce que mon jeu parle d'amour, d'affection et d'érotisme, pas (fondamentalement) de manipulation.
C'est lié aussi au fait que la résistance asymétrique principale ici est la négociation/chantage. Ce n'est pas une mauvaise chose dans l'absolu (Les Cordes Sensibles et Dogs in the Vineyards l'utilisent beaucoup avec efficacité), mais combinée ici avec la notion de courtisan, elle induit fortement cet aspect manipulatoire des échanges.
Il faudrait donc trouver des moyens pour atténuer cette manière de faire. Je vois plusieurs pistes de recherche.
  1. Favoriser les techniques qui pousse à d'autres résistances asymétriques comme la séduction (à la manière de Breaking the Ice ou Bliss Stage) ou la sympathie/antipathie (comme dans Bliss Stage aussi). En m'appuyant sur une idée de mes joueurs de vendredi soir, je pourrais mettre en place une technique pour représenter le regard et la pression de la Cour tout autour des personnages et/ou le jugement des joueurs (comme dans Les Cordes Sensibles). Ainsi, les participants sont invités à justifier les actions de leurs personnages et ne pas en faire des monstres froids.
  2. Travailler le concept de sincérité. J'ai choisi cette scène parce que justement Daniel a voulu faire de son personnage un salaud. Ce qui est intéressant, c'est que l'enjeu portait sur l'expression de sa sincérité, c'est-à-dire à briser cette image. Je ne sais pas comment utiliser pleinement ce concept de sincérité, mais je pense qu'il permet d'humaniser les personnages.
  3. Dans le prolongement du point précédent, il y a une idée dont on discute beaucoup avec Fred depuis un moment et qu'on a baptisé « l'alternative de Sylvie », du nom d'une amie qui faisait remarquer qu'il peut être particulièrement intéressant de résoudre des conflits sociaux par d'autres mécaniques que les habituelles mécaniques de confrontation, en particulier quand on veut mettre ces relations en avant. Par exemple, dans Bliss Stage, un joueur peut virtuellement faire ce qu'il veut avec son personnage et celui d'un autre joueur; néanmoins, cet autre joueur est susceptible alors de dégrader la relation ce qui a des conséquences importantes pour la suite sur le premier personnage. Le joueur du premier personnage est alors incité à ne pas faire n'importe quoi et à justifier les actes de son personnage. C'est de la résistance asymétrique de sympathie/antipathie (peut-être de séduction, à voir). Si vous connaissez d'autres moyens de résoudre les conflits sociaux ainsi, je suis preneur.
Je suis preneur de toutes vos idées et réflexions. Notez que j'ai moins besoin de solutions (qui ne conviendront pas nécessairement à ce que je veux faire) que de pistes de réflexion (qui sont susceptibles de me faire réfléchir à des aspects que je n'avais pas envisagé et me faire bien progresser).
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Re: [Les soupirs des elfes] Emeraude & Ebène

Message par paragon » 03 Fév 2013, 14:50

Salut, pour avoir passé pas mal de temps à étudier Molière, et tout les autres créatifs qui parlent de courtisans je dits que ton jeu me séduit et qu'il peut être très intéressant.

Néanmoins tu recherche ici à traiter les problème d'affections (le misanthrope pourrait être une bonne source d'inspiration) mais il y a aussi une autre dimension intéressante au personnage de la cour (du moins les cours des derniers rois de France qui sont celle que je prends comme référence au vu de l'ambiance que je vois transparaître dans ton rapport.: la recherche des faveur (entrer dans les bonnes grâces).

Ainsi je pense une mécanique que j'ai mise au point dans crépuscule (dsl, j'ai un rapport de partie terminé pour ce jeux mais je le posterai que ce soir, je ferai un lien plus précis à ce moment là.) et qui est en fait directement inspirée des jeux dit classiques: l'inventaire.

Sauf qu'ici le but n'est pas de noter des potions de soin, des blocs de cobbelstone ou tout autre objet matériel mais bien de simplement faire un inventaire de relations sociales. D'ailleurs si j'ai bien compris les différents rapport et ce que tu présente ici Bliss Stage utilise un mécanisme comparable où l'on note une relation (un item) et une qualité de relation (que l'on peut rapporter à une quantité d'item).

Pour en revenir à Molière et au Misanthrope, Je remarque qu'il y a deux personnages avec deux orientation, l'un comme Alceste, avec une orientation Sincère et un autre avec une orientation de courtisant plus classique "hypocrite". Ainsi on peut garder cette idée d'orientation qui est celle qui va déffinir comment les personnage vont évoluer par exemple.

Ensuite comme j'ai dit on a un certain nombres de relation que l'on peut utiliser pour résoudre les conflits, hors la vie de courtisant se base aussi et essentiellement sur l'utilisation des relations, les conflit pourraient ainsi être réglé comme suit: j'utilise mes relations pour en créer de nouvelles (au risque de perdre si je manœuvre mal), reste que pour "attaquer" un personnage avec une orientation Hypocrite on le le ferai pas (en RP comme avec les règles) de la même manière (on utiliserai pas les même relation de la même manière).

Enfin, c'est un peu les réflexions que je me faisais à la lecture de ce rapport de partie...

Bonne chance pour le développement.

Un jeu de cour peut-être très intéressant, les teinter d'érotisme aussi (Même si le résumer à ça reste une mauvaise idée, je préconises des règle relationnelles qui débouchent sur l'érotisme plutôt que des règles directement érotiques) et personnellement j'attends de voir la suite.
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Re: [Les soupirs des elfes] Emeraude & Ebène

Message par shiryu » 03 Fév 2013, 14:54

Le choix des elfes : rassure moi, c'est pas juste parce que les oreilles pointues, tu trouves ça joli ? même si j'avoue que je trouve celles de mon lapin très belles !

Plus sériseuement, cette scène me fait penser à un album de sillage. A lire si tu ne connais pas, ça doit se trouver dans n'importe quelle bibliothèque.

Pour l'enjeu, je crois que nous avons eu récemment (parce que j'étais déjà là) une proposition de jeu avec des zombis où on fixait un enjeu mais que souvent, en cours de scène, les joueurs partaient sur autre chose. Je trouve ça très dangereux de pouvoir changer d'enjeu en restant sur la même confrontation. Pour moi, si l'enjeu change, ce n'ets plsu la même confrontation. 2 exemples :
- dogs où le conflit est parti pour durer mais si un protagoniste ne se sent plus car l'enjeu ne mérite plus les conséquences, alors il peut abandonner et engager de suite un nouveau conflit avec un autre enjeu (il gagne même un dé bonus pour ça).
- démiurges (pas officiel mais j'imagine que tu connais un peu, non ?) : on part sur un conflit très court avec un enjeu très abordable mais on peut faire une succession de conflit en montant peu à peu les enjeux pour arriver à un objectif plus ambitieux.
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Re: [Les soupirs des elfes] Emeraude & Ebène

Message par Thomas Munier » 03 Fév 2013, 15:51

Dans Inflorenza, lors d'un conflit social, les personnages annoncent à haute voix les sentences qu'ils impliquent, chaque sentence donne un dé : "tu m'as trompé avec cette courtisane !", "ma famille t'a toujours aidé", "je t'ai confié un secret et tu as trahi ma confiance", etc. Dans Inflorenza, on s'en fiche de savoir si les personnages sont sincères ou non. ce qui est important, c'est qu'ils lâchent du lourd dans le dialogue. ils peuvent annoncer le contraire de la sentence si ils mentent ou manipulent (par exemple, dire "je sais que tu m'as toujours été fidèle" alors que la sentence est "tu m'as trompé avec cette courtisane").

En revanche, dans un jeu mettant l'accent sur la dichotomie entre la sincérité et le mensonge, utiliser des arguments sincères pourrait valoir plus de dés que des mensonges. Si tu combine ça avec la proposition de paragon pourrait créer des dilemmes intéressants chez les joueurs qui veulent jouer des hypocrites. Tu pourrais même inverser le dilemme en proposant le coefficient inverse pour les joueurs qui veulent jouer des sincères. ça a aussi l'intérêt d'aider les joueurs à faire évoluer leur personnages.

(j'espère que ça t'aidera en tout cas moi ça vient de m'aider)
Millevaux. Post-apocalyptique. Forestier. Sludgecore.

Outsider. Folklore personnel. Auto-édition (un livre par mois). Articles invités sur le processus créatif.
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Re: [Les soupirs des elfes] Emeraude & Ebène

Message par shiryu » 03 Fév 2013, 16:18

reprenons au calme pendant que mon fils mange ses crêpes.

Pour le 2ème point, je pense à un système avec 2 échelles. Par échelle, j'entend tout principe de jauge, de compteur, de marqueur, de points, de traits... mais ce qui compte, c'est que ce ne soit pas sur la même échelle. Ainsi, on peut gagner d'un côté et perdre de l'autre (alors qu'avec une seule échelle, on monte ou on descend, voir on peut modifier l'intitulé de l'échelle). A noter aussi que le jeu pourrait posséder plusieurs échelles mais pour illustrer la scène, je vais me limiter à 2 échelles (les 2 mis en scène on va dire). Emeraude pourrait donc être très élevé sur l'échelle "Social" et motiver la plupart de ses actions par le maintien de son statut. ici s'offre à lui la possibilité d'évoluer sur une autre échelle, appelons la "Amour". Pour des raisons propres au joueur ou parce que le système met ces 2 échelles en opposition, Emeraude considère que s'il s'engage dans une relation sérieuse et sincère, cela affectera son statut social (un peu comme un(e) chanteur(se) qui vise un public ado qui tombera amoureux de lui(elle)). Durant la confrontation, il peut tenter de renvoyer le conflit sur l'échelle "sexe" où là, il peut être bien vu de passer pour un tombeur. Mais cette fois, c'est ébène qui considère qu'une relation basée sur l'échelle sexe serait en opposition avec l'échelle amour.
Au final, emeraude sauve son niveau sur l'échelle sociale mais va rentrer chez lui en voyant sa jauge "amour" encore plus basse. Oui, il se sent seul. les sacrifices pour sa réussite sont à ce prix. A ce jour, il est convaincu que c'est un prix à payer acceptable. Encore combien de temps...

Autre point, les intentions de jeu :
on est dans une cour, les personnages sont des experts de la diplomatie et des sourires factices. Néanmoins, je cherche à ce que mon jeu parle d'amour, d'affection et d'érotisme, pas (fondamentalement) de manipulation

Si le jeu propose et permet de jouer des pourris qui abusent des sentiments des autres, c'est que tu es hors de tes intentions. Il est possible d'envisager une société dont le statut social se juge à la fidélité ou à la beauté du couple. Aussi surprenant que ça puisse paraître, c'est notre société. Regardons un peu la presse people : d'accord, les journaux se régalent des séparations, des infidélités et des collectionneurs mais qui fait le plus vendre et le plus rêver ? les couples solides, riches et beaux (brad et angélina) et le public fait parfois payer à celui qui brise un tel modèle tandis qu'il peut développer une sympathie toute nouvelle pour celui qui vient de se faire larguer d'une vraie histoire d'amour.

Maintenant, j'ai du mal à voir les situations que tu veux mettre en scène : un Personnage qui aime plusieurs PNJ et qui va devoir vivre en faisant des concessions, des relations d'amour interdit, des triangles amoureux impossibles... ?
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Re: [Les soupirs des elfes] Emeraude & Ebène

Message par Fabien | L'Alcyon » 09 Fév 2013, 22:33

OK, merci pour vos retours, je vais méditer tout ça.

Shiryu, concernant les intentions de jeu, qu'on puisse jouer un salaud ne pose pas problème, au contraire il faut que le jeu le permette. Mais comme dans Dogs in the Vineyard, il faut que le jeu questionne cette position, au même titre que n'importe quel autre position. D'où l'idée de sincérité: jusqu'où ai-je envie d'être un salaud ?
Par ailleurs tes exemples de situations sont tout à fait ce que je recherche pour mon jeu.
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Re: [Les soupirs des elfes] Emeraude & Ebène

Message par Frédéric » 19 Fév 2013, 02:37

Hello Fabien,
dis-moi si je me trompe, mais j'ai l'impression que tes enjeux se produisent de manière un peu artificielle tel que tu l'expliques dans ton CR.

C'était déjà le cas lors de notre playtest, je ne sais pas si tu as modifié cet aspect là. Si oui, oublie la suite de mon message.

C'est galère de dire : joueur, à un moment de ta scène, quand tu veux obtenir quelque chose, établis l'enjeu et on lance les dés.
Et ce que tu établis comme enjeu doit être problématique pour l'autre. Tu inverses la causalité. C'est parce qu'il y a un point d'achoppement qu'on joue un Conflit mécanique et pas parce qu'un joueur, mécaniquement, veut progresser sur son objectif.
Cela signifie que l'on se retrouvera 5 fois sur 7 à proposer des enjeux et les modifier, puisqu'ils ne remplissent pas la deuxième clause, ou bien l'adversaire se forcera à accepter sa posture d'antagoniste afin que le jeu puisse se dérouler, mais sans aucune cohérence avec le positionnement de son personnage.

Je pense que les lignes de tension doivent exister et être explicites avant que le jeu ne commence. Elles pourront s'alimenter, changer ou de nouvelles tensions pourront se créer, mais je dois savoir, quand je vais essayer de séduire un autre personnage, que ce sera problématique, sinon, il n'y a pas d'histoire. À moins que tu gères la relation différemment d'un Conflit : comme dans Breaking the Ice, comme une alchimie incertaine que le système gère par la résistance asymétrique de la séduction et de la sympathie/antipathie.
Exemple : je suis amoureux de Rubis, mais Rubis n'est pas de la même caste que moi, donc un amour ensemble le déshonorerait. Si je sais ça dès le départ, j'ai mon enjeu et mes raisons d'agir.
Si on joue un Conflit, c'est en conséquence directe de nos positionnements au cours de la scène et de celles qui ont précédé, ce n'est pas un artefact du système. C'est parce que les personnages sont en conflit dans la fiction.
Et c'est comme ça que ça fonctionne le mieux. Du moins si tu utilises une mécanique de Conflit.

Autre moyen, plutôt que de jouer l'évolution des personnages vers leurs objectifs par des Conflits mécaniques, tu peux donner des actions types qu'ils doivent réaliser pour évoluer sur certains objectifs, ou, comme dans Bliss Stage, demander à un tiers de juger leurs actes à l'issue d'une scène.

Exemples :
Objectif de Vif-argent : entrer dans les bonnes grâces de la princesse Écarlate. Pour obtenir 1 point, il faut obtenir une faveur du personnage.
Vif-argent joue une scène, le joueur joue son personnage qui discute avec l'entourage de la princesse, puis qui lui offre une coupe de nectar et qui discute avec elle. À un moment donné, la princesse accepte de le recevoir en privé pour qu'il lui fasse démonstration de son art => c'est une faveur, le personnage progresse vers son objectif.

Deuxième moyen : Même scène, même objectif. Mais à l'issue de la scène, un joueur décide si le joueur s'est rapproché de son objectif (Il peut avoir des critères pour juger).
Il faut que l'autre participant (le MJ) ait de bonnes raisons d'aller dans le sens du joueur ou contre lui, comme dans Bliss Stage.

En espérant que ça t'aidera. ;)
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Re: [Les soupirs des elfes] Emeraude & Ebène

Message par Fabien | L'Alcyon » 19 Fév 2013, 18:34

Oui, tu as parfaitement raison, Fred. Plus précisément:
  1. je n'arrive pas à établir des enjeux assez forts pour les joueurs, vouloir que quelqu'un m'aime ne semble pas un enjeu assez fort.
  2. je n'arrive pas à contre-balancer les enjeux: qu'arrive-t-il si la séduction ne marche pas ? en quoi est-ce que ça devient plus intéressant ? Je ne veux pas que l'histoire se construise par affrontements successifs, mais plutôt par choix d'une direction ou l'autre.
Il faut que j'arrive à construire des enjeux plus solides dans la préparation des relations entre les personnages, de manière à ce que le conflit vienne ensuite naturellement. Ca permettra d'éviter cette dimension « manipulatoire » qui est sans doute encouragée par la distance existant entre le personnage et son joueur.
D'abord construire des enjeux fictionnels forts et intriqués entre les personnages, puis impliquer les joueurs en créant des enjeux pour eux parallèles aux enjeux des personnages (la fameuse synesthésie).

J'envisage plusieurs solutions.
  • lier tous les personnages autour d'un problème commun, comme dans la première version de Psychodrame, par exemple, l'amour fou d'un personnage pour un autre, les autres personnages seraient liés à cet amour (opposition, aide, amour concurrent...)
  • ajouter des enjeux supplémentaires particulièrement forts à la relation elle-même (un personnage risque de mourir s'il ne peut être aimé par exemple...)
Bref, j'ai besoin de digérer un peu tout ça, mais je sais dans quelle direction réfléchir.
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Re: [Les soupirs des elfes] Emeraude & Ebène

Message par Frédéric » 21 Fév 2013, 15:11

Ça peut valoir le coup de chercher du côté des mécaniques douces, façon Breaking the Ice ou Bliss Stage (je parle bien sûr des scènes d'interlude) et éventuellement d'ajouter des mécaniques de résolution de Conflit pour les moments où c'est nécessaire.
Par contre, pour les mécaniques douces, c'est difficile de se défaire de ces deux modèles...

Pourquoi pas : écrire une nouvelle d'une partie idéale de ton jeu et te baser sur les enjeux fictifs pour bâtir un système de règles qui créerait une synesthésie avec eux.

Tiens-nous au courant. Maintenant que tu as un groupe de playtest régulier, il va te falloir faire des expérimentations. ;)
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Re: [Les soupirs des elfes] Emeraude & Ebène

Message par Fabien | L'Alcyon » 21 Fév 2013, 19:21

Oui, j'ai bien pensé aux mécaniques de Bliss Stage ou Breaking the Ice, mais elles sont tellement spécifiques que je les vois difficilement fonctionner ailleurs (sauf peut-être le jugement à BS). Je vais me remettre à mes elfes en mettant l'accent sur la création de la situation de départ, je vois déjà assez bien les enjeux fictifs qui m'intéressent mais il faut que je les renforce dans la partie.
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