[MONOSTATOS] Le Feu de la Révolte

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[MONOSTATOS] Le Feu de la Révolte

Message par dr dandy » 24 Jan 2013, 00:02

Zakkat la Magnifique. Le feu de la révolte.

Partie déroulée le 22 janvier 2013 à Trollunes à Lyon avec le petit père TinchOo. Merci à lui.

Le héros : Azelik Seti, jeune artisan maître de l’élément feu retournant sur les terres de sa jeunesse après avoir fuit dans les Monts Ciselés afin d’apprendre le véritable Art de son peuple.
Souffrance : Voir mon peuple accepter sa condition d’esclaves et de soumis comme l’était ma mère (esclave) et mon père (Artisan soumis au culte).
Vertu : J’aspire à une société plus égalitaire et plus juste.
Singularitée surhumaine : Je commande le feu comme mon aïeul en son temps.
Singularité : J’ai créé un réseau de dissidents rebelles au Culte de Monostatos.
Singularité : mon corps est souple et vif, je suis insaisissable.

Objectif pour la partie : monter en épingle l’opposition larvée des Cyclopes (les trois Artisans maîtres de la Ville) au Culte de Monostatos et instaurer une démocratie.

L’histoire commence alors qu’Azelik descend des Monts Ciselés pour arriver sur Zakkat, la ville des artisans.
Sous le ciel perpétuellement noir et chargé de cendres volcaniques il assiste à l’activité grouillante de la cité ensevelie sous la lave. La fabrique industrieuse où les Artisans soumis au Culte forgent la lave pour créer de magnifiques objets qui iront agrémenter le quotidien des riches nobles de l’Empire. Au milieu des esclaves portant les objets pour les clients marchands venus des royaumes Fauves, Zarathus le commerçant exulte et vante la beauté des œuvres en sa possession. Perchés sur des hautes chaises à porteur, les trois Cyclopes (Ilario, Tybalt et Kanakht), gras et vains, observent la chose d’un air satisfait. A leur côté, impassibles derrière leur masque de marbre et d’or, les membres de la secte du Marbre suivent le bon déroulement du négoce tandis que les prêtres de la Secte du Verre enregistrent les transactions.
Soudain Azelik assiste à un spectacle dégradant. Un jeune esclave maigre et affamé fouille le sol près de la chaise de Tybalt afin de ramasser les miettes que le Cyclope négligent laisse tomber à terre. Azelik se revoit dans cette situation quand il n’était qu’un fils d’esclave priant pour une maigre pitance.

Hop ! Je récupère mes 4 points de puissance pour avoir montrer comment le schéma de sa souffrance se reproduit inlassablement.

Le joueur a voulu tout de suite récupérer des points de puissance en déclarant son antagonisme vis-à-vis du marchand Zarathus. J’ai du recadré pour expliquer que les points se gagnent en décrivant une relation forte avec le personnage, il lui fallait justifier de sa relation avec lui.

Azelik observe la scène. Il scrute Zarathus le vil, ancien maître de sa mère dont il abusait et exploiteur du talent de son père. Il faut en finir. Le jeune homme a monté un plan pour destituer le marchand. Il se dirige vers les Cyclopes pour discréditer le marchand. Hélas un garde s’interpose, on ne perturbe pas les seigneurs de la ville.
Premier conflit initié par moi. J’ai pas bien saisi, le joueur mène la scène mais c’est moi qui lance l’affrontement. Qui est le meneur de l’action dans ce cas ?
Le garde gras et négligé n’oppose qu’une faible résistance quand le héros lance une flammèche autour de lui grâce à ses pouvoirs. Azelik se pose devant les Cyclopes et expose la « trahison » du marchand. Mais les Cyclopes (malgré les preuves cachées par des complices du jeune homme dans les affaires de Zarathus) ne sont pas dupes et font confiance au marchand, car « il est trop peureux pour tenter quoique ce soit contre eux ». Le camouflet est dur à encaisser pour le jeune homme alors que Zarathus jubile de contentement.

Un beau fumble de la part du joueur qui (malgré sa singularité « réseau ») a fait 1 et 2 ! Il ressort du conflit avec l’affaiblissement « humilié en public ».

Mais la situation change soudain car la montagne s’agite et le volcan se ranime. Comme si le Dieu-Souffle s’était réveillé et avait décidé d’ensevelir tous les habitants de la ville sous la lave et les cendres brulantes. La panique est générale et, alors que les esclaves cherchent à échapper au destin funeste, les gardes les repoussent afin de laisser le temps aux Cyclopes, aux prêtres de Monostatos ainsi qu’aux marchands des Royaumes Fauves de se mettre à l’abri. Les victimes tombent par dizaine. Face à cette infamie Azelik utilise ses merveilleux pouvoirs pour contraindre la lave à se jeter sur les nantis. Tybalt le gras se lève alors et, de toute sa majesté, renvoie la lave et la relance sur notre héros. Heureusement sa souplesse lui permet d’éviter la roche en fusion. Son acte héroïque lui fait regagner la confiance du peuple.

Son succès lui a fait gagner un point de désir qui lui a permis d’éliminer l’affaiblissement.

En aidant les malheureux à s’échapper, Azelik tombe sur Kloah, une jeune fille qui l’a aidé dans son enfance à fuir la ville. Elle s’obstine à essayer de sauver un vieux cul-de-jatte (son père ?) des cendres brulantes qui tombent. Le jeune s’empresse d’aider la fille de son enfance devenue femme. Ensemble ils se réfugient dans les quartiers pauvres en attendant que la colère du volcan se calme.

Deux points de puissance pour le joueur qui nous a fait une belle séquence flashback.

Hélas le répit est courte durée car dans la cahute se trouve d’autres esclaves dont Faïza, une vieille dame qui était l’amie de la mère d’Azelik autrefois. La vieille femme maudit le jeune homme car ses actes ont attiré les courroux du volcan. Les pertes engendrées par la destruction des objets d’arts devront être récupérées et les marchands doubleront le travail des esclaves pour résorber tout cela. Il a apporté le malheur sur eux. Sans attendre elle décide d’appeler la garde.

4 points pour moi qui ai fait ressortir à quel point le peuple est majoritairement pour le statut-quo. Au passage j’en profite pour appuyer là où çà fait mal en rappelant la souffrance du personnage.

Les gardes de la ville accourent pour emmener le héros mais celui-ci ne se laisse pas faire. Le braséro à ses côtés crache des flammes afin de brûler les soldats. Les cris de douleurs sont intenses et les gardes reculent, penauds. Soudain un homme en toge blanche vêtu à la manière des prêtres de la Secte du Verre arrive et invoque la puissance de Monostatos pour faire reculer le feu. Il tape de son bâton le sol et jailli une lumière blanche et vive qui éteins les flammes. Sans attendre le héros en appelle à ses alliés, infiltrés dans la population, pour repousser le prêtre et les gardes. Zacharias, le prêtre en appelle à son allié Baccar, chef local de la Secte du Fer. Lui et ses hommes arrivent et matent la rébellion sous le regard des esclaves affolés et ne sachant que faire. On ne s’oppose pas à l’ordre établi par Monostatos. Azelik s’est insurgé et en a appelé à la fierté du peuple pour en finir avec les tyrans. Galvanisés par un tel discours les esclaves se sont joints aux rebelles et ont combattu les soldats qui rendaient coup pour coup. Devant le carnage annoncé, Zacharias sonna la retraite afin d’éviter un bain de sang beaucoup plus désastreux pour l’image du Culte que la rébellion de quelques esclaves. Puisque les Cyclopes sont si fiers de leur pouvoir, qu’ils se chargent de leurs esclaves !

Un point intéressant car j’ai utilisé le bonus lié à la puissance implacable du Culte. En réponse TinchOo a utilisé le bonus lié à la révolte du peuple contre l’ordre. Un moment fort !

Le calme revient avec le retrait des troupes du quartier. Tout à coup arrive un groupe d’Artisans, venus des Monts. Leur chef se nomme Kaladi et forge l’eau. Il a entendu la clameur et a décidé de prêter main-forte au héros. Le temps de Monostatos est fini à Zakkat !

Là j’ai utilisé l’aspect que je n’avais pas encore utilisé, un allié puissant qui veut chasser Monostatos.

Mais la joie ne dure pas car les Cyclopes arrivent, solennels sur leur grande plateforme levée par des dizaines d’esclaves. Ils provoquent Azelik Seti et font démonstration de leur puissance. C’est Ilarion le sec qui commence en faisant danser la foudre et façonnant de ses mains un être chimérique aux ailes de fée qui s’élance sur notre héros. Encore une fois sa souplesse lui permet d’éviter la mort. Kanakht se lève alors et invoque la terre pour qu’elle devienne meuble sous les pieds du héros. Un tourbillon de sable mouvant immobilise Azelik, vaincu. Hébétés, les alliés du héros assistent à la déchéance du héros qui se retrouve prisonnier. Les Cyclopes demandent à un Artisan de forger des chaines incassables pour asservir le jeune homme. L’espoir s’amoindrit mais la feu de la révolte n’est pas encore éteins.

Ici TinchOo s’est retrouvé à court de points de puissance. Il a concédé la défaite mais n’a récupéré qu’un affaiblissement (« Enchainé »). L’histoire n’est pas fini mais nous avons arrêté là car il était tard.

Pour résumer:
Une bonne partie même si la prise en main est laborieuse. A 2 c'est difficile d'avoir beaucoup d'idées et les mécaniques peuvent dérouter. Au fur et à mesure les « Heuhh » et les blancs ce sont raréfiés et l’histoire est devenue plus fluide et intéressante. Les options pour gagner des points de puissance sont limitées au bout d'un moment. La solution est de créé des personnages qui vont avoir un lien avec le personnage-joueur. A 2 cela se ressent fortement mais dois disparaître avec un joueur de plus.
L'univers est très évocateur et les mots viennent tout seul tandis que la mécanique ramène toujours au cœur de l'histoire. C’est à la fois la force et la faiblesse du jeu car on ne se perd pas en route mais je pense qu’à terme on tourne un peu en rond et que le jeu doit lasser sur la durée. En même temps les 15€ sont vite rentabilisés c’est déjà çà !
En tant que meneur j'ai pas mal accumulé de points de puissances faciles à conserver dans le sens où je peux sacrifier mes personnages a foison là où le héros ne peut pas éviter de claquer les siens pour se sauver. C’est étrange car le joueur aurait du en conserver aussi mais il cramait les points acquis à chaque scène tandis que moi j’avais en permanence 4 points d’avance.
Enfin le côté tant craint lié à l’absence d’échange réel puisque meneur et joueur intervienne durant leur scène ne fut pas gênant. Le joueur est resté dans le personnage et était ravi de pouvoir créer ce qu’il voulait autour. Ca passe bien même si on fait une suite de monologues.
dr dandy
 
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Re: [MONOSTATOS] Le Feu de la Révolte

Message par Fabien | L'Alcyon » 25 Jan 2013, 13:21

Salut Alban, merci pour ton rapport de partie !

Ca me fait plaisir de lire un rapport de partie joué dans Zakkat, qui est sans doute un des plus anciens lieux et des plus développés de Monostatos (j'en ai des kilomètres sur mon ordinateur), qui a suivi les différentes versions du jeu depuis le début ou presque. J'aime beaucoup ce que vous en avez fait et l'histoire que vous y avez déroulé.
De même le personnage est tout à fait dans l'esthétique du jeu, ça me fait plaisir !

Concernant le manque d'occasions de prendre des points de Puissance à mesure que le jeu avance, effectivement je n'ai pas précisé comment remédier à ce problème dans les règles. Le problème et la solution me sont apparus après la publication. Prendre des points de Puissance grâce à la Souffrance et à la Vertu du personnage permettent de mettre en scène le personnage au début de la partie, de le présenter. Prendre des points de Puissance en créant et en mettant en scène des relations avec des personnages du lieu permet de continuer et de prolonger l'histoire ; j'ai même souvent eu des résultats incroyables avec cette règles, comme une scène émouvante d'une mère cherchant à arracher sa fille à l'influence du Culte... formidable !
Donc: joueurs n'hésitez pas à user jusqu'à la corde la possibilité de gagner des points de Puissance en liant votre personnage à d'autres personnages du lieu ! Le meneur de jeu pourra renforcer les enjeux des Affrontements en mettant ces relations en danger.

Il y a une dimension du jeu qu'il faut reconnaître: il est très sensible à l'aléatoire, dans la mesure où suite à une série de bons jets on peut acquérir une position confortable solide et inversement. Ce n'est pas définitif - justement grâce à l'aléatoire - mais c'est bien présent et ça fait partie de la dynamique et du propos du jeu: jouer des héros qui vont au devant du risque et du danger pour faire vaincre leur cause.

Enfin, oui, c'est vrai que Monostatos est concentré sur un type d'histoire et d'univers et qu'il ne fait pas le reste. Moi ça ne me pose pas de problème parce que j'y jouerais avec plaisir en boucle sur ce thème, mais je peux comprendre qu'on puisse s'en lasser. C'est un choix assumé de ma part: je préfère que mon jeu fasse très bien une tâche précise plutôt que de promettre de faire plein de choses sans y arriver véritablement.
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