[Dés de Sang] Sine Ciné Si né mât.

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[Dés de Sang] Sine Ciné Si né mât.

Message par Grégoire (Silerias) » 03 Juin 2012, 10:31

Bonjour à tous,

Il semble que partir d'une expérience de jeu soit la prémisse à toute intervention sur Silentdrift. Je vais donc rebondir sur l'expérience de Lionel et vous confier mon propre ressenti de dés de sang que j'ai testé il y a quelques semaines en tant que joueur.

Tout d'abord, je confirme très largement le fait que ce jeu met en place une dynamique de tension et d'escalade de cette tension qui correspond tout à fait au genre "survival horror". La fin de partie fut particulièrement mémorable: course poursuite dans les coursives du petit cinéma de quartier où nous étions enfermés avec non pas un mais deux tueurs psychopathes. Lorsque le dé de sang a bien diminué, lorsque les points de sueur se sont bien accumulés, lorsque l'on a fait un usage intensif de ses compétences, lorsque les blessures graves arrivent, il y a vraiment à la fois de la tension et du fun même si la chance a été pas mal de notre côté. L'effet boule de neige, ça marche du feu de dieu!
Mais... Car il y a un mais ce que je trouve particulièrement difficile pour le MJ et le joueurs c'est le début de partie.
Notre MJ nous pose une situation initiale dans un petit cinéma de quartier où nous sommes tous venus profiter de la soirée avec des habitués. Dès la création de personnage, il me semblait nécessaire que nos perso se connaissent. Après plusieurs propositions, nous décidons que nous habitons tous le même immeuble hlm. Nous rentrons tous à pieds joints dans la caricature des relations de voisinage et la chanson de Renaud, HLM me trotte dans la tête pendant toute la création de perso où je pond d'un archétype de vieux connard aigri, anti-jeunes qui aura bien du mal avec les autres personnages: la lesbienne droguée, le p'tit con branleur fouteur de merde et le jeune émigré qui cherche à être propre sur lui. Nous nous connaissons, nous avons tous un avis moisis les uns sur les autres, voilà qui créé une situation initiale riche en tensions dramatiques. Bref, heureusement que nous avons pris cette initiative sans ça, la partie aurait sans doute été bien différente. Nous voilà donc au cinéma et immédiatement, ce que nous avons créé par nos personnages, permet au MJ de nous faire faire quelques jets de dés. C'est là que j'ai perçu ce que je trouve être un point faible du jeu au regard du peu que j'en vois (je ne suis ni MJ ni n'ai lu les règles pour le coup). Afin d'arriver à créer la nécessaire tension, notre Maître de jeu nous a fait faire des jets de dés pour tout et n'importe quoi: tu veux acheter un coca? Fais un jet de dés (je caricature à peine). J'ai l'impression que dés de sang est peut-être moins performant à accompagner joueurs et MJ à lancer la mayonnaise qu'à la faire tourner. Je me trompe? Nous avons pallié cet aspect à notre table en acceptant de bon gré tous les jets de dés foireux que nous proposait le MJ en sachant que ça servait le jeu. Dommage que nous n'ayons pas eu de gestion "économique" de nos actions et n'ayons pas eu de dilemme entre accepter une "humiliation" et agir. Nous avons agi. Heureusement, d'ailleurs, sinon le MJ aurait du ramer comme un fou pour créer la tension. Perso, en tant que MJ, j'aurais eu beaucoup de mal avec ça.

Quoi qu'il en soit, ce fut une excellente partie même si le deus ex machina faisait partie du jeu. Je n'en tirerais sans doute pas le même plaisir de façon répétitive. J'ai l'impression qu'il manque quelque chose, une manivelle ludique pour aider à lancer la partie sinon, dés de sang risque de caler au démarrage. La première manivelle ce serait d'éventuelles tensions latentes entre les PJ. La seconde serait une mise en conflit plus importante des personnages dés les débuts de la partie avec des choses qui poussent vraiment à l'action (je suis curieux de savoir comment vous avez pu arriver à cette situation de viol en début de partie?). Pas facile de conserver un rythme si haletant de bout en bout.
Dernière édition par Grégoire (Silerias) le 11 Juin 2012, 16:36, édité 1 fois.
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Re: Bouture: [Dés de Sang] C'est une tuerie

Message par Christoph » 04 Juin 2012, 11:47

Salut Grégoire

Comme discuté par message privé, je fais de ce message un nouveau fil, car c'est une partie différente de celle de Lionel et que tu as fait un rapport complet méritant une discussion propre.
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Re: Bouture: [Dés de Sang] C'est une tuerie

Message par Christoph » 11 Juin 2012, 11:45

Salut Grégoire

N'hésite pas à renommer le fil (en cliquant sur le bouton « éditer » du premier message).

Il semble que les personnages créés étaient en tension l'un avec l'autre et que ça a aidé à lancer la partie. C'est quelque chose que je trouve très utile également dans Zombie Cinema, même si ça ne fait pas partie des règles explicitement. N'y a-t-il pas de menace externe préparée par le MJ contre laquelle les PJ doivent se rallier pour survivre ? Si oui, comment êtes-vous passé d'une situation où vous vous détestiez tous à un regroupement dans l'intérêt commun ? Y a-t-il eu des scènes qui ont montré les PJ ravalant leur fierté ? Quelle était cette menace ? Si non, pas étonnant que le MJ vous demande de lancer des dés pour obtenir un Coca, mais ça me semble quand même un peu burlesque. Lionel explique que dans sa partie il y avait eu des lancer de dés pour sortir (ou se cacher dans) des toilettes, que la porte allait dur. C'est effectivement des scènes qu'on a dans des films d'horreurs, mais elles n'ont d'intérêt que si cela constitue un obstacle à la fuite d'un tueur psychopathe ou d'un monstre terrible. Si c'est prendre un Coca pour boire... bof. Si c'est prendre un Coca pour asperger l'agresseur au visage et ensuite gagner du temps, alors oui ! Distinguiez-vous entre ces deux types de situations ?
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Re: Bouture: [Dés de Sang] C'est une tuerie

Message par Lionel (Nonène) » 11 Juin 2012, 14:06

Qu'est-ce qui a manqué vraiment dans ta partie ? J'ai du mal à cerner car finalement, tout s'est bien passé dans le fonctionnement.

J'aimerais préciser quelque chose concernant la mécanique du jeu : c'est clairement dit dans le livre de base, c'est le MJ contre les joueurs. C'est l'environnement contre les personnages. La dynamique du jeu est, selon l'auteur, créé par l'opposition MJ et joueur : le MJ cherche à tuer les joueurs, les joueurs essaye de survivre. Il y a des conseils au MJ assez précis pour que le jeu soit intéressant : il faut essayer de tuer les personnages, mais il faut les garder en vie le plus longtemps possible. C'est le jeu du chat et de la souris, pour ma part, c'était le sentiment que j'avais en jouant comme MJ.

Est-ce que dans ta partie avais tu l'impression de jouer au chat et à la souris ? Est-ce que ce rapport d'opposition entre MJ et joueurs s'est mis en place ?

D'autre part, tu sembles regréter qu'il n'y avait pas plus d'opposition entre personnages. Pourquoi ? Est-ce que tu avais l'impression que ça aurait amélioré l'expérience de jeu ?

C'est évident que les oppositions entre joueur ne sont pas favorisés (comme à Zombie cinema) bien au contraire. Le système pousse plutôt à se tenir les coudes.
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Re: Bouture: [Dés de Sang] C'est une tuerie

Message par Grégoire (Silerias) » 11 Juin 2012, 16:33

Pour rester un peu dans le thème survival horror, et dans ce rapport de partie de dès de sang, j'ai eu le sentiment que nous étions beaucoup dans le second degré, que nous savions très pertinemment que nos personnages étaient jetables et que nous étions là pour bien nous marrer en jouant un bon gros nanard. Certes l'escalade du dès de sang nous mettait la pression mais jamais je n'ai ressenti d'angoisse; plutôt un challenge de me confronter aux épreuves finalement insurmontables posées par le MJ.
A la table de jdr du jeudi, il nous est arrivé de nous taper des délires sur: "et si nous étions confronté à une invasion zombies, que ferions-nous?". Certains d'entre-vous ont-ils exploré ce genre de choses en jdr? Je suppute qu'une telle proximité entre joueurs et personnages (j'entends par là, des lieux connus de tous, des personnages de la vie réelle transposés en PNJ et pourquoi pas les PJ eux-même qui seraient le reflet de leurs joueurs) pourraient renforcer les réactions émotionnelles et plus largement l'immersion dans l'univers de jeu et dans le personnage. On serait plus dans le principe du jeu de masques enfantin (on dira que je suis le chevalier et toi le dragon) que dans le jdr où l'on prend bien soin de distinguer joueur et personnage. Qu'en pensez-vous?

@Christoph
Oui, ces tensions un peu fortuites ont pas mal aidé à poser les choses avant l'interventions du (enfin des) méchant(s). Alors que nos personnages se crêpaient le chignon pour des histoires de bruit et de savoir vivre dans le cinéma, trouver un cadavre ça soude très très vite surtout lorsqu'on risque d'être le prochain. Tout a commencé par des portes verrouillées nous empêchant de fuir et des lumières qui s’éteignent. Alors qu'une PJ s'apercevait que sa petite amie était inconsciente derrière la porte close, mon perso et celui parmi les jeunes qu'il détestait le moins sommes parti dans la salle du projectionniste où nous avons trouvé son cadavre. Associant très vite nos expériences, nous nous sommes liés afin de trouver le salaud qui avait fait ça et parvenir à nous enfuir mais s'il avait fallu sacrifier un autre PJ, je pense que le naturel de nos perso serait revenu au grand galop. Ce qui a été le plus meurtrier en fait, outre les deux psychopathes qui nous ont achevé, c'est le fusil à pompe que j'ai trouvé et qui a permis de tuer deux flics innocents, le frère PNJ d'un PJ et de blesser deux PJ :P
Des scènes où des PJ auraient ravalé leur fierté? De mon point de vu, j'ai transmis une certaine exaltation à mon personnage. J'en ai fait un type dans le genre de Clint Eastwood dans Gran Torino mais en version gros looser qui a été réformé et à qui on a refusé de partir en Iraq. Je me suis très vite comporté comme le chef autoproclamé en m'appuyant sur mes "pseudo" compétences militaires pour diriger une traque qui finira en fiasco (évidement^^). Quelque part ces gosses que mon perso méprisait, il les a vu comme ses hommes et s'est senti responsable d'eux, admettant parfois pour certains qu'ils "en avaient dans le pantalon": du respect, donc...

@Lionel
Oui on a bien joué au chat et à la souris mais en tant que joueurs, personne d'entre nous n'était dupe de l'issue finale ;) Notre MJ a souvent ce travers du Deus Ex mais pour dès de sang, c'est beaucoup moins frustrant et on accepte plus facilement que les dès soient un peu trop pipés (notre MJ est très peu enclin à la préparation, il s'adapte à ce que l'on fait ou propose et en conséquence, il a toujours un coup d'avance :) )
Je n'ai pas trouvé qu'il manquait de tensions entre les PJ, juste que la présence de ces tensions a été bénéfique au jeu avant que celles-ci ne s'estompent en faveur de la lutte contre la menace commune. Et je pense, en effet, que ça a amélioré l'expérience commune, on ne partait pas à vide, nos perso avaient des avis les uns sur les autres et c'était cool. De plus, naturellement, on s'est créé des relations. Les PJ n'étaient pas tous venus seuls au cinéma et ça permis au MJ de frapper là où ça faisait mal :)
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Re: [Dés de Sang] Sine Ciné Si né mât.

Message par Christoph » 16 Juin 2012, 12:46

Hello Grégoire

Juste pour être sûr d'avoir bien compris : la « menace » c'étaient deux tueurs psychopathes en liberté ? Comment ont-ils été révélés en cours de partie, progressivement comme dans un film d'horreur classique, avec des confrontations intermédiaires, ou juste à la fin, après que vous ayez paniqué toute la partie sans les voir, ou encore autre chose ? Est-ce que tu peux, rétrospectivement, retracer les lancers de dés à des situations où en cas d'échec, ça donnait un avantage aux tueurs (que ce soit par leur préparation ou par l'acharnement de l'environnement comme l'explique Lionel dans son fil), ou y avait-il des lancers un peu gratuits ? Quel est ton avis sur ces lancers, comment imagines-tu une prochaine partie ?

Désolé, je te bombarde de questions, mais ça m'intéresse à fond !
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